Capsule DD 062 (13:24)

Crème solaire, comment faire le bon choix pour préserver la planète ? - Le bilan Carbone d'Unilasalle - Fake or nøt , une petite collection pour démêler le vrai du faux


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Episode Content

Capsule DD n° 62

Capsule du 3 juin 2022

Actu du moment : Crème solaire, comment faire le bon choix pour préserver la planète ?

  • “Votre crème solaire va-t-elle préserver les océans” ? 60 millions de consommateurs - 24 juin 2021 Voir l’article
  • "Comment se protéger du soleil tout en respectant les océans ?” L’info durable – 14 juin 2021 Voir l’article

Echo du Sup : Le Bilan Carbone d'UniLaSalle

Le clin d'œil : Fake or not : un collection pour démêler le faux du vrai

L’agenda de la prochaine quinzaine

  • 2 et 3 juin 2022 : les R2D2 à l’IESEG School of Management de Lille Voir le programme
  • 11 juin 2022 : O’DYSSEY, la journée de l’océan Paris Voir le site
  • 15 et 16 juin 2022 : 11ème Deauville Green Awards, Festival international du film responsable Voir le site du festival

Transcription

Iris Le printemps est bien entamé, et la météo nous permet déjà de profiter d’un beau soleil d’été. Mais pour protéger sa peau des rayons du soleil, il faut pouvoir trouver une bonne crème solaire ! Depuis quelques années, des études pointent du doigt la pollution invisible induite par l’utilisation de crèmes solaires. Selon la revue National Geographic, c’est 14 000 tonnes de résidus de crème solaire qui se déposent dans les eaux de baignades et menacent les écosystèmes aquatiques de toute la planète.

Messika REVEL, enseignante-chercheuse en écotoxicologie à l’école UniLaSalle Rennes, nous a expliqué quel était le problème. En quoi les crèmes solaires menacent les milieux aquatiques ?

Messika Les milieux aquatiques sont soumis à plusieurs pressions environnementales (l’acidification, l’augmentation de la température…) et aussi la dispersion des polluants, notamment à partir des crèmes solaires qui sont faites à partir de filtres chimiques. Ça veut dire qu’elles contiennent des composés qui vont permettre d’absorber des filtres UV et ces composés, si vous vous baignez, ils vont être dispersés dans l’eau et absorbés aussi par les animaux présents (poissons, moules…) et les coraux. Il y a des études qui ont montré qu’il pouvait y avoir des effets négatifs sur ces organismes-là, par exemple sur la reproduction, sur le développement aussi et au niveau des coraux, il peut y avoir du blanchiment donc le blanchiment c’est (sur les coraux qui sont des animaux qui vivent en symbiose avec une micro-algue) quand les micro-algues meurent donc ils vont devenir blanchâtres et vont être plus sensibles à d’autres stress environnementaux et du coup, ils vont pouvoir potentiellement mourir. Donc ça, c’est la principale menace. Il faut savoir aussi que les crèmes solaires contiennent différents composés chimiques qui peuvent aussi être nocifs pour les humains. Par exemple, elles contiennent différents perturbateurs endocriniens.

Iris Mais alors, quels sont les critères à retenir pour bien choisir sa crème solaire ?

Messika Alors, vous vous avez une crème solaire déjà chez vous et que vous voulez essayer de la garder, je vous conseille de taper la marque sur le site « UFC Que Choisir » parce qu’ils permettent de décrypter les composés qui peuvent être difficile à comprendre pour des novices. Il faut regarder si elles contiennent des parabènes, des nanoparticules ou d’autres composés chimiques.

Si vous achetez une nouvelle crème, l’idéal c’est d’avoir une crème qui contient un filtre minéral d’origine naturelle, donc le plus souvent ce sont des crèmes bio. Pour les labels, il y a le label Ecocert cosmos qui va garantir que ces crèmes solaires ne contiennent pas de parfum de synthèse, de nanoparticules ou de composés chimiques. On a des marques françaises qui sont labellisées. Et vous avez aussi un autre label qui s’appelle Nordic Swan, c’est un label scandinave et qui va permettre de garantir que la crème va avoir peu d’impact sur l’environnement, que ce soit au niveau de la substance mais aussi au niveau de l’emballage qui doit être recyclé, recyclable par exemple.

Iris Merci Messika pour cette présentation éclairante. Si vous allez envie d’aller plus loin, nous avons mis quelques liens sur le site de la Capsule.

L’écho du Sup’ : le Bilan Carbone d'UniLaSalle

Geoffroy Ça y est ! L'équipe DD d’UniLaSalle a finalisé son premier Bilan Carbone pour l’année de référence 2019-2020, centré sur les campus de Beauvais, Rennes et Rouen. Un premier travail qui permet un début de compréhension de l’impact carbone de nos campus et surtout d’identifier les points d’amélioration et les points de blocage à lever pour les prochains bilans, notamment celui de 2022-2023 qui comprendra aussi le campus d’Amiens. Alors, avant d’aborder les principaux enseignements, rappelons ce qu’est le Bilan Carbone et ses objectifs.

Caroline Si on reprend la définition de l’ADEME, le Bilan Carbone vise à identifier et évaluer la quantité de gaz à effet de serre émise par une organisation sur une année, nécessaire à son fonctionnement. Aussi, pour être complet on identifie aussi bien les émissions directes, comme celles liées à l’énergie consommée, l’électricité par exemple, que les émissions indirectes, comme les déplacements des salariés pour se rendre sur leur lieu de travail. Pour savoir si une émission doit être prise en compte, il faut se poser la question de savoir si cette émission, ce flux, disparaît est-ce que mon activité est impactée ? Si elle peut se trouver modifiée ? On parle alors des 3 scopes : le 1er sur les émissions générées directement par les sources fixes et mobiles détenues par les entreprises, le scope 2 sur celles générées indirectement par la consommation d’énergie et le scope 3 sur les émissions indirectes liées aux activités de l'entreprise et liées aux émissions des produits finis.

Finalement, le Bilan Carbone c’est un outil qui permet de pouvoir identifier toutes les sources d’émissions de GES responsables du réchauffement climatique pour les réduire. Un outil indispensable pour contribuer à l’atteinte des accords de Paris et la neutralité carbone dont le premier levier est la réduction des émissions de GES.

Aussi pour réaliser ce Bilan Carbone, nous avons travaillé en 4 phases, la première a été la collecte des données auprès des services pour être en mesure en fonction de ces données de calculer les émissions de GES associés. En effet, grâce à l’outil développé par l’ADEME, on peut calculer les émissions des GES associées à une facture d’électricité, à l’achat d’un ordinateur ou au déplacement d’un étudiant lors de son année de mobilité. Suite à ce travail, un bilan peut être proposé de l’état de l’impact carbone qui permettra ensuite de proposer des préconisations de plans d’actions.

Geoffroy Alors, en se concentrant sur les émissions directes liées à l’énergie, que retenir de notre impact carbone ?

Caroline Analyser les émissions de GES du groupe UnilaSalle en lien avec l’énergie consommée est la partie du Bilan Carbone qui comporte le moins d’incertitude car les données utilisées sont issues des factures d’énergie des campus. Pour l’année 2019-2020, le montant des émissions de GES s’élèvent à 1316,7 tCO2e, soit l’équivalent de 176 tours du monde en avion. Rapportée à l’empreinte carbone par étudiant, cela représente 0,26 tCO2e par étudiant sur le campus de Rennes, campus avec les plus faibles émissions sur ce scope contre 0,46 à Amiens qui compte le ratio le plus important. Par ailleurs, à titre de comparaison avec d’autres établissements d’enseignement supérieur, la moyenne par étudiant d’UniLaSalle (Amiens inclus) s’élèvent à 0,39 tCO2e par étudiant, contre 0,21 pour Grenoble Ecole de Management ou 0,7 pour l’INSA Lyon.

Une autre donnée groupe intéressante à partager, est celle relative à l’impact numérique lié aux courriers électroniques. On estime en effet que celle-ci est de 203,9 tCO2e pour une année universitaire. A titre de comparaison et pour avoir en tête des ordres de grandeur, la consommation d’électricité sur le campus de Beauvais est de 209 tCO2e.

Geoffroy Et sinon, quels sont les autres postes d’émissions pour lesquels des données ont pu être collectées ?

Caroline Tout d’abord, un travail sur la comptabilisation des déplacements étudiants et salariés a été réalisé via une enquête de mobilité. De cette enquête, des données ont pu être extraites pour estimer l’impact carbone des déplacements étudiants et salariés domicile-campus et pour les déplacements internationaux des étudiants. Sur la base des réponses reçues (44,8% de taux de réponses des salariés et 10,5% pour les étudiants), on estime à 2098 tCO2e les émissions de GES issues des déplacements, dont plus de la moitié serait dû aux déplacements internationaux des étudiants. Autre poste d’émissions pour lesquels des données ont pu être collectées, ce sont les immobilisations qui concernent les bâtiments et les produits informatiques, qui elles s’élèvent à 1464 tCO2e, soit légèrement plus que les émissions relatives à l’énergie.

Geoffroy Et donc grâce à ce premier Bilan Carbone, des recommandations et des plans d’actions peuvent être définis et mis en œuvre ?

Caroline Effectivement, et le premier des enseignements est la nécessité de renforcer la coopération avec les différents services pour améliorer la collecte des données afin qu’elle puisse être la plus exhaustive possible et la mieux adaptée au format attendu par le Bilan Carbone pour être en mesure dans les années à venir à effectuer des plans d’actions plus opérationnels avec de véritables objectifs chiffrés de réduction d’émissions pour avoir une véritable démarche bas carbone.

Néanmoins, quatre chantiers prioritaires ont pu être identifiés ou confirmé via cet exercice : La nécessité de poursuivre la sensibilisation et la formation des parties prenantes sur les enjeux du changement climatique et sur les interdépendances des défis économiques, sociaux et environnementaux L’amélioration de l’efficacité énergétique des campus, associée à une démarche de sobriété pour réduire notre dépendance aux énergies fossiles La nécessité de mettre en place une politique de mobilité ambitieuse pour étudiants et salariés Le déploiement d’une politique d’achats responsables pour réduire l’impact carbone des dépenses associées et qui favorise également le réemploi.

Geoffroy Des chantiers, pour la plupart déjà initiés, qui permettront donc d’engager une véritable transition écologique et sociétale au sein d’UniLaSalle et qui contribueront à la réduction de l’impact carbone de l’école, qui pourra se vérifier dans les prochains Bilans Carbone. Enfin, l’équipe DD profite aussi de cette capsule pour remercier tous les services qui ont contribué à la réalisation de ce premier Bilan en fournissant les données recherchées.

Le conseil lecture de la quinzaine

Nathalie Aujourd’hui, coup de projecteur sur Fake or nøt, une collection de livres qui décrypte les enjeux environnementaux qui font débat. Lancée en septembre dernier par la maison d’édition engagée Tana Editions, cette collection compte déjà 4 titres à son actif : Manger demain, Décroissance, Fashion et Energies.

Pour Suyapa Hammje, directrice éditoriale chez Tana Editions, ces livres proposent une boîte à outils pour aiguiller l’esprit critique et identifier les conséquences de nos modes de vie et de consommation sur l'environnement.

Chaque livre donne ainsi la parole à des experts, chercheurs et scientifiques pour déconstruire les fake news liées à l’environnement et l’écologie !

Les auteurs nous partagent les grands indicateurs, les ordres de grandeur et les courbes qui ont du sens. Ils simplifient, résument, connectent les données et les chiffres fondamentaux pour partager l’état réel du monde.

Le tout avec une mise en page mêlant les codes de l’édition et ceux des médias numériques. Un mode de lecture qui devrait trouver un écho positif auprès des jeunes, sur qui repose le défi écologique.

Thomas Fake or nøt, c’est LA petite collection pour penser l’avenir de notre planète, agir à son échelle et s’engager pour un futur désirable. Prochains titres à découvrir dans les mois à venir : Climat et Déchets. Tout un programme !

L’agenda de la prochaine quinzaine

L’agenda de la prochaine quinzaine...

Léonore Les 2 et 3 juin, l’IESEG School of Management de Lille accueille les R2D2, le rendez-vous annuel des référents du développement durable dans l’enseignement supérieur. Ce séminaire de 2 jours est organisé par la commission DD&RS de la CGE (Conférence des Grandes Ecoles). L’objectif est d’échanger sur les bonnes pratiques et d’identifier les pistes d’amélioration en matière de Développement Durable et de Responsabilité Sociétale au sein des écoles membres de la CGE.

Et bien évidemment, (presque) toute l’équipe de la Direction du Développement Durable d’UniLaSalle est présente à ce rendez-vous lillois !

Iris Le 11 juin, direction la Halle des Blancs Manteaux à Paris pour participer à «O’DYSSEY - La journée des océans ». Cet événement, co-organisé par l’association FreeSpirit et la Mairie de Paris, a pour but de mieux faire connaître le milieu marin et de sensibiliser les citoyens sur la nécessité d’adopter un mode de vie plus respectueux de la nature.

Au programme : conférences, tables rondes, ateliers, expositions artistiques et stands de présentation de solution co-animés par des associations et artistes engagés pour la protection des océans.

Nathalie Enfin, les 15 et 16 juin se déroulera la 11ème édition du festival Deauville Green Awards dans l'optique de valoriser la création audiovisuelle green et responsable afin d'initier une mobilisation d’ampleur. En 2022, zoom sur les nouvelles formes de communication (podcast, réalité augmentée ou métaverse), séances de pitchs pour dénicher des films à impact mais aussi des concours vidéo comme les Young Creative Awards dédié aux cinéastes de moins de 30 ans militant pour l'écologie à travers le monde, ou encore le nouveau concours Fiction pour Demain.

Générique de fin

Geoffroy Et voilà la Capsule DD d’Unilasalle, c’est fini pour aujourd’hui. On espère que cela vous a plu.

N’hésitez pas à nous partager vos courriers enthousiastes, vos propositions de thèmes et vos suggestions d’amélioration à l’adresse capsuledd@unilasalle.fr

Merci pour votre écoute et pour vos choix de lecture éclairés en faveur du développement durable ! On se retrouve dans 15 jours pour la dernière capsule de l’année !

Et d’ici là, vous pouvez méditez cette pensée attribuée à Margaret Mead : “ Ne doutez jamais qu’un petit groupe d’individus conscients et engagés puisse changer le monde”